bandeau
Imprimer Imprimer

Envoyer à un ami Envoyer
à un ami

Lettre ouverte au Président de la Métropole de LYON suite aux attentats du 13 novembre 2015

Les attentats, perpétrés vendredi 13 novembre 2015 à Paris sur des lieux de culture et de vie, frappent et concernent chacune et chacun d’entre nous, toutes les populations de toutes religions, origines ou nationalités et particulièrement la jeunesse. Des salariés, des adhérents d’organisations syndicales, sont au nombre des victimes, dont plusieurs de la CGT.

Les attentats qui ont touché la France frappent les populations partout dans le monde, comme à Beyrouth et en Turquie dernièrement, ou lors de l’explosion de l’avion russe.

Dans ce contexte de terreur et de guerre, La CGT réaffirme ses valeurs de paix et de fraternité dans son combat pour le progrès social, la démocratie, la liberté, la laïcité, nécessaires au bien-vivre ensemble. Elle refuse toute stigmatisation des étrangers et tout amalgame entre immigration et terrorisme.

La CGT prend note que le Président de la République annonce dans son discours, ne plus considérer le pacte de stabilité comme un horizon indépassable.
Il est regrettable que la suppression de postes de douaniers, de policiers, de magistrats ces derniers mois, ait été poursuivie, alors qu’il aurait sans doute fallu mettre en œuvre un pacte de sécurité dès janvier 2015.

La CGT demande donc un pacte de progrès, de démocratie sociale, d’éducation, de sécurité et de paix pour toutes les populations.

Combattre, écarter les formes de radicalisation passe avant tout par le respect des droits fondamentaux : l’accès à l’éducation, à la culture, à la santé et à l’emploi.

Nous avons lu avec attention votre discours lors de la minute de silence instaurée lundi 17 novembre dans le hall de l’hôtel de Métropole.

Nous avons noté votre phrase concernant la : « grandeur de notre République, celle qui accueille chacun, quelle que soit son origine, quelle que soit sa religion, quelles que soient sa philosophie et ses convictions…. Message qu’il nous faut diffuser dans les Maisons du Rhône en direction de ceux que nous accueillons. »

Nous sommes sensibles à « la pensée particulière pour les personnes de la Métropole, qui sont aux avant-postes et au contact de nos concitoyens ».

Dès lors, nous vous proposons, au-delà d’une prise de parole symbolique, de traduire par des choix et des actes forts, votre « pensée particulière ».

Nous tenons à vous faire remarquer que :

• ceux qui se sont mobilisés le 13 novembre pour défendre la République : policiers, médecins, pompiers, personnels de santé, psychologues, magistrats…
• ceux qui étaient présents lundi dans les services de la Métropole et particulièrement dans les Maisons du Rhône et les collèges, au nom de la continuité du service public,

sont des fonctionnaires au service de la Nation. Nous tenons ici, à saluer l’ensemble des agents qui sur les territoires ont su mettre en œuvre les mots, les attitudes envers la population.

Dans les collèges, auprès des élèves, les agents ont pris toute leur place au sein de la communauté éducative.

Dans les MDR, les agents ont su, lorsqu’il a été nécessaire écouter, réconforter, libérer la parole, la souffrance.

Ils ont dû aussi, faire face à certains propos contraires aux valeurs de la République, heureusement minoritaires.

Ce sont les mêmes qui sont au front contre les phénomènes de radicalisation et d’atteinte à la démocratie sur les territoires : policiers, pompiers, mais aussi travailleurs sociaux, médiateurs d’accueil, agents des collèges, personnels de santé...

Depuis plusieurs mois, nous avons alerté la Direction Générale de la Métropole sur la dégradation rapide de certains quartiers ; les phénomènes de radicalisation et de violence, auxquels sont confrontés certains agents sont à relier à une situation sociale et économique détériorée.

Nous avons aussi alerté sur les conditions de travail très dégradées au sein des Maisons du Rhône : les vacances de postes, le turn-over incessant de CDD, l’augmentation significative des arrêts de travail.

Nous avons alerté sur l’état d’épuisement de services, littéralement à bout de souffle, et sur le danger que constitue le choix de laisser des territoires affaiblis avec toujours moins de moyens humains, moins de proximité, moins d’accompagnement de publics en difficulté et donc moins d’offre de service public : fermetures partielles de MDR secondaires, baisse des services rendus….

Face à ces nombreuses alertes, par le biais de déclarations dans les instances paritaires, courriels, nous avons été écoutés, trop souvent avec une condescendance polie, mais peu entendus sur les actes à poser.

Alors que le pacte de cohérence métropolitaine doit être prochainement examiné lors du prochain Conseil de Métropole, nous demandons au nom des agents qui nous mandatent dans notre action syndicale, de suspendre aussi le pacte d’austérité qui bouleverse l’organisation des services de la Métropole.

Comme vous l’avez précisé dans votre allocution « gagner le combat contre le terrorisme exigera de la détermination, de la persévérance, du courage », gagner ce combat exigera aussi des forces à la hauteur du contexte et des services essentiels aux citoyens, cela passe par l’arrêt des restructurations à marche forcée, le recrutement sur les postes vacants, mais aussi le respect, la reconnaissance à accorder aux agents qui devra nécessairement aller au-delà du discours d’intention.

C’est pourquoi nous vous demandons dans ce contexte exceptionnel de recevoir les organisations syndicales concernant la mise en œuvre d’actes non seulement nécessaires, mais inéluctables, si l’on veut s’affirmer collectivement dans ce combat.

Dans cette attente, recevez, nos courtoises salutations.

La commission exécutive du syndicat
Lyon, le 20 novembre 2015

Lettre ouverte au Président de la Métropole de LYON

Mentions légales -  Site réalisé sous Spip