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Ce Conseil Supérieur du Travail Social est tout à fait surréaliste !

LE DRAPEAU ROUGE DE LA COLÈRE FLOTTE SUR LA MARMITE...
Déclaration de la CGT en assemblée plénière du Conseil Supérieur du Travail Social le jeudi 16 avril 2015

Son ordre du jour porte sur le rapport des Groupes de Travail nationaux des États Généraux du Travail Social (EGTS) qui sont eux-mêmes enterrés : la non-réunion du Copil ou de l’équipe technique depuis la fin de l’année 2014 sans aucune explication en sont des marqueurs...

À quoi cela sert-il de disserter sur des objets qui sont d’ores et déjà abandonnés, sauf ceux que le pouvoir pourra instrumentaliser contre le travail social ?

À quoi cela sert-il d’avoir tenté de dire que les projets sur la formation initiale et continue ou la complémentarité des métiers ne rencontraient et ne rencontrent toujours pas un consensus minimal ?

À quoi cela sert-il de défendre l’égalité des droits et la laïcité quand certains l’utilisent contre une partie de la population ?

À quoi cela sert-il de donner des avis alors que le ministère des Affaires Sociales a décidé de ne faire que ce qu’il voulait ? Faudra-t-il alors s’étonner que ce mépris envers les travailleurs Sociaux ne se cristallise contre des orientations en décalage constant avec la réalité du terrain ?

L’absence de respect des engagements a beau être sanctionnée lors de tous les scrutins, ce pouvoir autiste continue à avancer en niant l’expertise des professionnels, quel que soit leur secteur d’intervention, n’écoutant que le patronat.

Le renvoi à Laurence Bourguignon le soin de faire des propositions n’est qu’une nouvelle manœuvre dilatoire pour faire coller les calendriers. Nous l’avons rencontrée ce matin même. Cela confirme que le gouvernement a déjà fait ses choix et que le processus de préparation des EGTS n’aura été qu’une vaste blague, une promesse non tenue. Cette mission doit rendre ses préconisations à la mi-juillet, alors que la CPC doit rendre sa copie sur le niveau V le 25 juin… Nous sommes dans la poursuite de pseudo-concertations, dont l’objectif final n’est pas la défense du travail social et de ses usagers…

Pour ce gouvernement, le travail social est secondaire. Nous le savons depuis longtemps ! Pendant qu’on nous agitait le hochet des EGTS, les départements et le patronat du secteur travaillaient à la casse du secteur social et médicosocial.

Le rêve des élus est de maîtriser toute la chaîne et toutes les remontées. C’est une constante depuis 30 ans... Le secret professionnel, fut-il partagé, est donc un obstacle qu’il faut faire disparaître. Le travail social, ses métiers qui ont su conserver un minimum d’éthique et de déontologie sont dépassés pour des décideurs dont le seul repère est l’abaissement des coûts et la maîtrise absolue des processus de travail.

Les attaques contre la prévention spécialisée ne sont qu’un révélateur : il s’agit clairement de remplacer le travail social par le contrôle social via les polices municipales... Il s’agit aussi de faire disparaître toutes les dépenses non obligatoires, qu’il s’agisse de la prévention, des aides jeunes majeurs ou des Mineurs Isolés Etrangers...

Après ces premières économies de bouts de chandelles vient le temps de la restructuration des services : la fermeture des antennes PMI par exemple et la casse des conventions collectives (51, 65, 66, Croix rouge) avec l’objectif d’une convention unique de bas niveau...

Dans cette perspective, l’hypothèse d’un débat démocratique, comme auraient pu l’être de vrais EGTS, est balayée... Seuls les projets portant sur la logique d’économies financières et d’indicateurs de performance ont droit de cité... C’est dans ce cadre que nous lisons la réingénierie des métiers du social comme une offensive globale pour casser les métiers et les qualifications...

La logique mise en œuvre à la CPC pour le nouveau diplôme de niveau V en est une illustration... Il s’agit de payer au niveau V des travailleurs sociaux à qui l’on demande des compétences de niveau IV, comme prendre des notes pour les auxiliaires pour les enfants handicapées en milieu scolaire (AESH)...

Cela fait plus de 2 ans que le gouvernement veut imposer à la CPC une nouvelle définition des métiers de niveau V sans prendre en compte les objections des professionnels, des employeurs et de bien d’autres.

Définir un niveau V sans information sur l’architecture globale est ouvrir la porte aux incohérences, parce que les salariés savent que l’objectif est de tirer ces métiers vers le bas... D’ores et déjà, les AMP niveau V remplacent les Éducateurs spécialisés Niveau III... C’est cette logique que les bailleurs veulent généraliser, déqualifier la masse des travailleurs sociaux.

Oui, nous sommes en colère, et nous ne chercherons pas à le cacher.
Monsieur Valls, selon un plan bien huilé, présentera en septembre-octobre des orientations sur le travail social qui ne seront que la poursuite des économies que son gouvernement continuera à réaliser sur le dos des personnels et des usagers. Il s’agira, comme d’habitude, de criminaliser les usagers des services sociaux en les soupçonnant d’être soit des fraudeurs soit des assistés, reprenant la phraséologie des réactionnaires...

Il est évident que, dans ce cadre, des travailleurs sociaux qui conservent une éthique professionnelle n’ont pas leur place et qu’il faut les réduire au silence par tous les moyens.

Le principal problème aujourd’hui n’est pas la pratique professionnelle de tel ou tel, ni la pluridisciplinarité des équipes que nous revendiquons comme une richesse. C’est le manque de moyens, les incohérences des politiques sociales qui ne sont toujours pas résolues ou financées : le financement de la loi sur l’autonomie des personnes âgées devrait être intégré dans la Sécurité sociale ; la question de la continuité de l’action sociale entre 18 et 25 ans n’est pas résolue, si ce n’est par des bricolages locaux soumis aux aléas politiques ; et la loi NOTRe en rajoute avec la vente à la découpe des services sociaux et médico-sociaux.

A la CGT, nous avons un projet ! Celui d’un grand service public du sanitaire et du social, avec un état stratège. Nous défendons ce grand service public parce que c’est le seul moyen de préserver l’égalité et l’accès aux droits sur l’ensemble du territoire à l’ensemble des usagers.

Cela passe par le maintien de travailleurs sociaux avec de vraies formations au contact des populations les plus en difficultés.

Cela passe par l’investissement dans les quartiers de relégations, une véritable politique de la jeunesse ou de l’accompagnement pour les personnes en perte d’autonomie. Bref, cela passe par la refondation d’un projet social pour notre pays qui n’abandonnera pas les personnes en difficulté au bord de la route.

C’était le sens de notre investissement dans la préparation des EGTS... et cela a été le sens de notre investissement au sein du Conseil Supérieur du travail Social.

Le CSTS, depuis sa création, avait acquis une véritable légitimité et autorité auprès des professionnels. Nous craignons aujourd’hui qu’il ne soit plus qu’une chambre d’enregistrement dépourvue de moyens véritables pour fonctionner et dans l’expectative quant à son devenir.

Nous prendrons nos responsabilités en construisant la riposte, en mobilisant celles et ceux qui font le choix d’une politique sociale au service de tous.

Tract conseil supérieur du travail social

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