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Déclaration CGT lors du Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche le 12 juillet 2011

Pour la reconnaissance des qualifications au niveau II concernant les professions du travail social

Depuis plus de trente ans, les travailleurs sociaux : Assistants de Service Social, Conseillères en Economie Sociale et Familiale, Educateurs Spécialisés, Educateurs Techniques Spécialisés, Educateurs de Jeunes Enfants, quels que soient leurs lieux d’exercice professionnel (collectivités territoriales, Etablissements Sociaux et Médico-Sociaux –ESMS-, secteur public, secteur privé non lucratif, organismes de sécurité sociale) attendent la reconnaissance de leur qualifications c’est-à-dire de leur trois années de formation après le bac.

Cette reconnaissance des diplômes de travail social au niveau II n’est pas usurpée compte-tenu du niveau de responsabilité dans leur travail, de la mise en oeuvre de missions d’expertise, de diagnostic, d’aide, d’accompagnement et d’évaluation menées auprès de l’usager, de groupes d’usagers ou d’un milieu, du degré d’exigence concernant les réponses à fournir face à des problématiques sociales de plus en plus complexes.

Le travail social aujourd’hui nécessite de plus en plus d’ajuster techniques et méthodes destinées à permettre aux individus, aux groupes, aux collectivités de faire face à leurs besoins, de résoudre les problèmes que pose leur adaptation à une société en perpétuelle évolution.

La multiplicité des dispositifs et la complexité des politiques sociales entraînent de nouvelles missions, une avalanche de tâches et donc un élargissement du rôle des travailleurs sociaux.

En application de la loi de modernisation et en référence à la loi n°2002-73 du 17 janvier 2002, le Ministère des Affaires Sociales a réalisé depuis près de 10 ans, la réingénierie des diplômes en travail Social , dont les diplômes d’assistants de service social (A.S.S.), de Conseiller en Economie Sociale et Familiale (C.E.S.F.), d’Educateurs de Jeunes Enfants (E.J.E.), d’Educateurs Spécialisés (E.S.).

Ces 4 diplômes sont tous aujourd’hui confortés dans leur cursus de trois années d’étude post bac.

Aujourd’hui, suite à la Commission Professionnelle Consultative du Travail Social et de l’Intervention Sociale (CPC) du 20 juin 2011 et des différentes commissions dont celle du CNESER de ce 12 juillet 2011- des textes concernant des diplômes du travail social sont examinés. Les propositions sont : un cursus de 180 crédits européens (E.C.T.S.) équivalent à un niveau licence selon le référencement du cadre national de certification français. Ce cursus doit s’aligner sur le cadre européen de certification pour la formation tout au long de la vie conformément au rapport présenté en octobre 2010 de la CNCP et validé par la CNIS)

[rouge]Ce niveau Licence est reconnu par ce référencement à un niveau II.

Or, nous constatons à la lecture des différents textes que ces diplômes d’état sont maintenus en niveau III.[/rouge]

En conséquence, refuser l’accès au niveau II entraîne une situation de discrimination dans l’espace communautaire, puisque la France n’applique pas la Directive Européenne 2005-/36/CE du Parlement Européen et du Conseil du 7 septembre 2005.

C’est également et manifestement une discrimination liée au genre puisque les métiers du social sont composés majoritairement de femmes. La lutte pour une reconnaissance des qualifications des métiers du social, mais aussi du soin et de l’éducation participe de la réhabilitation des sciences humaines et des métiers de la relation dans une autre logique que la logique marchande.

Le Conseil Supérieur du travail social (C.S.T.S.) reconnaît aux travailleurs sociaux :

« qu’ils puissent dire le besoin et construire la réponse...ils ont contribué à faire reconnaître leur expertise et leur compétence de la relation humaine (…). Le travail social a, en effet besoin d’un certain degré d’autonomie, et seuls des professionnels suffisamment autonomes peuvent adapter la réponse publique aux problématiques sociales. Ils ne peuvent être réduit au rôle de passeurs, de gestionnaires de mesures et de distributeurs de ressources ».

L’attente des professionnels est particulièrement forte. Ils sont les « maillons » indispensables de la cohésion sociale et absorbent au quotidien les difficultés des publics les plus exclus et de ce fait stigmatisés et de plus en plus discriminés par notre société. S’obstiner et continuer à ne pas répondre aux revendications légitimes serait une marque de mépris pour l’ensemble de ces 900 000 salariés.

Oui nous sommes un maillon indispensable de la cohésion sociale mais pas à n’importe quel prix !

Oui nous voulons une juste reconnaissance du niveau de qualification et des responsabilités particulières liées à nos missions de service public

Oui nous demandons la reconnaissance de notre autonomie professionnelle, de notre capacité à donner notre avis et à impulser les politiques sociales et médico-sociales, avec des moyens, au-delà des effets d’annonces, pour répondre aux besoins de la population.

[rouge]Pour cela, la C.G.T. exige la reconnaissance des qualifications à un niveau II équivalent à 180 ECTS pour un niveau VI européen.[/rouge]


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Déclaration CGT lors du Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche le 12 juillet 2011

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