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Quand le directeur général du centre de gestion de l’Orne se lâche… (61)

Le bulletin d’information du Centre de gestion de l’Orne publie une nouvelle fois des propos provocateurs de son directeur général, M. Nerden, qui prend la triste habitude de scier la branche sur laquelle il est assis.

Pour M. Nerden, les élus municipaux comme les représentants du personnel ne prendraient pas le temps de préparer leurs dossiers, seraient trop prompts aux compromis, à la générosité, où encore trop faibles. La démocratie sociale (la tenue des CAP, des comités techniques) « ne présenterait qu’un très faible intérêt au regard des lourdeurs et des coûts d’organisation à mettre en œuvre ».

Les obligations du centre de gestion n’ont pas de prix, mais elles ont un coût. On a déjà entendu ça sur la santé pour M. Nerden, d’une « gestion en "bon père de famille“, il faudra passer à une politique de gestion professionnalisée des ressources et des relations humaines au sein de la collectivité nouvelle ».
Derrière le langage feutré on voit déjà se dessiner les plans de fusions –
restructurations de services, les mises à disposition préalables aux licenciements, les reconversions forcées, bref l’arbitraire patronal appliqué à la fonction publique territoriale.

Déjà en 2007, lors de son 9ème congrès fédéral, la Fédération des Services publics invitait les employeurs « à bien mesurer l’intérêt d’une gestion collective des personnels, comme alternative à une gestion libérale, de mise en concurrence des collectivités (celles qui en ont les moyens versent un régime indemnitaire maximum, celles qui ne le peuvent pas en versent peu ou pas), des agents publics entre eux (titulaires, non titulaires, différences de salaires, de potentiels de promotions,
évolutions de carrière différentes, etc.). Et au cœur de cette gestion, la recherche du moindre coût, l’élaboration de critères d’évaluation maison, le clientélisme, etc. ».
Derrière un discours de prétendue rigueur, le directeur du Centre de gestion utilise son bulletin comme une tribune politique, dont l’objectif n’est ni plus ni moins de préparer le terrain à une gestion libérale, à savoir la mise en œuvre des contre-réformes visant à démanteler le statut :
PPCR, le RIFSEEP, la mobilité forcée des agents d’un côté et les fusions de communes d’un autre côté, les deux éléments étant joints.
Ce que défend M. Nerden, c’est le pendant territorial du projet de loi El Khomri, c’est-à-dire un « statut » à la carte et territorialisé, selon les « valeurs managériales » de la concurrence entre les agents.

En prétendant ainsi passer outre ses propres obligations légales, le centre de gestion de l’Orne se voudrait-il le champion de la dérèglementation ? Dans quel but ?
Pour accompagner la constitution des communautés de communes dans son département et inciter les autres centres de gestion à s’engager dans la même voie ? De qui M. le directeur général est-il le représentant ?
Certainement pas des élus du département, certainement pas des représentants du personnel attachés au paritarisme, à la gestion du statut.
La CGT exige l’arrêt immédiat de ces propos provocateurs et demande que le Président du Centre de gestion adresse un démenti ferme aux propos tenus par le Directeur général, en rappelant dans un édito futur, le profond attachement des élus de l’administration du CDG 61 au service public et son soutien aux agents qui rendent au quotidien un service public relevant de l’intérêt général.

Montreuil, le 17 mars 2016

Communiqué de la CSD de l’Orne

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